Mosquée d'Orly - Association Socio-culturelle et Cultuelle des Musulmans (ASCM)

Dans le thème d'al Andalous

 

Dans la même thématique sur al Andalous, mais dans un domaine différent, la médiathèque vous propose deux livres de genres différents.

Le premier est un roman historique, " Zeyda, servante de l’Alhambra ", écrit par Béatrice Balti, romancière Toulousaine, très documentée sur l‘époque d'al Andalous. L'auteur fait vivre son personnage dans un contexte historique réel. Au fur à mesure qu'on avance dans la lecture, le cœur serré, on assiste au démantèlement progressif et iimpitoyable du dernier royaume musulman d'Espagne, le royaume nasride de Grenade, après 8 siècles de présence arabo musulmane. Quelle charge sur les épaules de ce pauvre Boabdil !

Le second livre est une sorte de récit/contes " les contes de l’Alhambra " écrit par Washington Irving, un auteur américain, suite à un séjour de plusieurs mois qu'il a effectué à l’Alhambra de Grenade en 1829.

Avec ces contes, mais aussi avec la présence des sites historiques encore fraichement debout en Espagne, il est important de constater à quel point la culture et l'imaginaire collectif espagnol restent imprégnés de cette époque arabo musulmane à beaucoup de points de vue.  La lecture de ces contes est encore plus exaltante quant on a eu l'occasion de visiter l'Alhambra et l'Albaïcine de Grenade.

Ces deux livres ainsi que tous les documents (livres, CD, DVD) qui vous sont proposés dans cet espace du site, sont disponibles en prêt gratuit dans notre médiathèque (sous condition d’adhésion gratuite et de respect du règlement intérieur)

Voici donc un résumé et un petit extrait de chacun des deux livres:

 

Zeyda, servante de l’Alhambra


Zeyda_servante_de_lalhambraRésumé

Tandis que les Rois Catholiques prennent progressivement le contrôle des villes de l’Andalousie musulmane, le roi Boabdil tente de résister. Mais les forces sont inégales… C’est l’époque des trahisons et des humiliations pour le jeune roi qui assiste, impuissant, à la marche inexorable de l’Histoire…

A travers les yeux de Zeyda,  jeune servante de 17 ans, ce livre raconte les derniers moments vécus par la cour du palais de l’Alhambra jusqu’à la remise des clefs de la ville en janvier 1492, et jusqu’à l’exil de la cour dans le royaume de Fès au Maroc… 


Zeyda, servante de l'alhamba
Béatrice Balta
Edition l'Harmattan


 

Extrait

31 décembre 1491-2 janvier 1492- Après la remise des clefs de la ville, la cour du palais de l’Alhambra doit se résoudre à quitter la ville (p.125-127)…


(...)« Les palanquins des reines et des princesses étaient déjà apprêtés, en ce dernier jour de l’année chrétienne. Aux femmes de la famille royale, les Rois Catholiques avaient accordé la faveur de partir avant l’arrivée de leurs troupes pour qu’elles n’assistent pas à ce déshonneur… Le lendemain, dès les premières heures du jour, les soldats ouvrirent le pas de ce triste cortège, puis vinrent les litières royales, les innombrables chariots où était installé le personnel suivis de tous ceux où était installé le mobilier et enfin, les charrettes sous bonne garde d’une cinquantaine de soldats. Malgré le fracas des essieux et le bruit des sabots sur la route, on entendait, ça et là, des gémissements plaintifs ou des sanglots diffus. Ce premier convoi d’un millier de personnes qui contenait toutes les femmes de l’Alhambra, leurs gardes et leurs servantes, devait attendre le jour d’après le deuxième cortège du roi déchu et de ces hommes, à cinq lieues environ de Grenade… Les princesses et les reines de l’Alhambra avaient emporté avec elles tout ce qu’elles avaient pu sauver : leurs coffres qui contenaient leurs bijoux splendides, leurs robes de brocart, leur tenture de soie et leurs tapis. Mais il n’y avait pas eu de place pour les lourds coffres de marbre sculpté ou pour toutes les grandes aiguières en céramique et métal ouvragé de plus d’un mètre de haut. Les Chrétiens allaient en hériter…


Dans la nuit du 1er au 2 janvier 1492, Boabdil et ses proches se rendirent au lieu convenu plusieurs jours plus tôt avec les Chrétiens, à mi-chemin entre El Gozo et l’Alhambra, devant le château de Qasr al Saïd  qui appartenait encore à la reine Fatima, à deux pas du petit ermitage contenant le tombeau du vénéré Sidi al Hicham.


Le roi Fernando et la reine Isabel étaient déjà arrivés avec leurs gardes, leurs ministres et tous leurs écuyers, et ils paraissaient plus que jamais éclatants de santé et triomphants. Après avoir remis la totalité des clefs de la citadelle et du palais, Al Mulih tendit aux nouveaux propriétaires le sceau de l’Alhambra où était inscrit : « Il n’y a de dieux que Dieu et Mohamed est son messager ».
 

 

 

Contes de l’Alhambra


contes_de_lalhambraRésumé

En 1829, Un Américain distingué (l'auteur) et l'un de ses amis, peintre de son état, arrivent à Grenade - cité oubliée perdue au milieu de ses montagnes, uniquement desservie par de mauvaises pistes qui sont autant de coupe-gorge -, et ils se voient offrir pour quelques mois comme lieu de villégiature un palais à demi ruiné : l'Alhambra

Ceci n'est pas un rêve, mais le prétexte, parfaitement réel, de ce livre qui feint de se présenter comme un récit de voyage pour se transformer insidieusement en recueil de contes - Les Mille et Une Nuits de l'Andalousie en quelque sorte -, tous à la gloire d'une Espagne arabo-musulmane anéantie par la violence de l'histoire... mais toujours vivante dans le secret des cœurs et l'imaginaire collectif.

Deux versions de ce livre sont disponibles dans notre médiathèque :

La version classique (photo ci contre) avec des gravures du XIX siècle représentant différents lieux de Grenade et de l’Alhambra. Une autre version plus récente, plus touristique, également avec des gravures du XIX siècle, mais en plus, de superbes photos aux couleurs éclatentes représentant le site aujourd'hui.


Contes de l’Alhambra
Washington Irving

 

Extrait d’un conte

Légende du Prince Ahmed al Kamal ou le pelerin d'amour

« Un roi maure régnait autrefois à Grenade, qui n'avait qu'un fils, Ahmed, surnommé par ses courtisans al Kamel, le Parfait, d'après les signes indubitables d'excellence qu'ils aperçurent en lui dès sa plus tendre enfance. Les astrologues confirmèrent leur pronostic, en lui prédisant toutes les qualités qui font un prince idéal et un souverain prospère. Seul nuage au tableau, encore était-ce un nuage rose, le jeune homme serait d'un tempérament amoureux et risquerait de grands dangers pour sa tendre passion. Toutefois, si l'on pouvait le tenir à l'écart des séductions de l'amour  jusqu'à l'âge mûr, les périls seraient conjurés, sa vie serait une suite ininterrompue de bonheurs.

Pour prévenir tout écueil, le roi décida sagement d'élever le prince dans un lieu solitaire où il ne verrait jamais le visage d'une femme, jamais n'entendrait prononcer le mot "amour". A cette fin, il fit bâtir un magnifique palais au sommet de la colline qui domine l'Alhambra, au milieu de jardins délicieux, mais entouré de hautes murailles  - celui-là même qu'on connaît, de nos jours, sous le nom de Generalife. Enfermé là, le jeune prince fut confié à la garde d'un maître, Eben Bonabben, un sage arabe des plus sévères; ayant passé la plupart de sa vie en Egypte à étudier les hiéroglyphes et à faire des recherches parmi les tombes et les pyramides, il trouvait plus de charme à une momie égyptienne qu'à la plus tentatrice des beautés vivantes. Le sage avait pour mission d'initier le prince à toutes les sciences, excepté une - il fallait que celui-ci restât totalement ignorant des choses de l'amour.

- Use pour cela de toutes les précautions qui te paraîtront nécessaires, lui dit le roi, mais souviens-t'en, Eben Bonabben, si mon fils apprend quoi que ce soit de ce savoir défendu pendant qu'il est sous ton autorité, ta tête m'en répondra…. »